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L'équitation et le cheval au petit galop...Exposer et échanger les méthodes d'éducation et de dressage du cheval: dans leur diversité, tenter d'identifier les dénominateurs communs aux approches, aux disciplines, mais surtout aux individus
 
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 Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??

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Kaïs
Vieux Tromblon


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MessageSujet: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Lun 9 Sep 2013 - 9:15



Bon, suite à des échanges sur un autre forum, et des questions au sujet de comment et par quoi commencer sur des poulains, je ne savais pas trop comment m'y prendre et finalement je me retrouve à écrire des textes sur des thématiques qui me viennent à l'esprit sur le sujet, un peu dans le désordre....
Les textes n'ont pas du tout l'aspect concis ni la verbalisation que j'aimerais qu'ils aient, c'est jeté sur l'ordi en premier jet et posté ainsi, mais bon je me suis dite que ça pouvait interesser d'autres personnes que ceux du questionnement initial donc je vais les regrouper ici. C'est totalement ouvert aux réactions, commentaires, sachant que cela reflête ma manière de faire et de penser "extrémiste", obnubilée par la sécurité au quotidien, une vision "utilitaire" du cheval et une rigueur quasi militaire qui peut choquer parfois.


En espérant que pour la plupart de ceux qui s'amuseront à me lire cela enfonce des portes largement ouvertes.
Et sinon, ben que cela donne des idées à creuser pour se faire sa propre réflexion et expérience.


Je vais essayer de construire le truc en mettant un texte sur ce que je pense en théorie, et en rajoutant ensuite les anecdotes ou observations qui m'ont amenées à tirer une grande ligne de conduite théorique.
Donc attention va y avoir de la lecture pour ceux qui s'ennuient!!!  
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Kaïs
Vieux Tromblon


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MessageSujet: Re: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Lun 9 Sep 2013 - 9:26


POULAIN VERSUS ADULTE, QUOI EXIGER ET COMMENT ?




«Que dois-je demander et que suis je en mesure d’exiger à des bébés, et comment m’y prendre ?»

Réponse : en termes d’éducation (psychologie), exactement les exigences qu’un adulte. Et le plus tôt est le mieux.
En terme de dressage (mécanique), prudence.



Je développe.
Un cheval c’est l’alliance d’un physique et d’un mental (je mentionnerai cette idée là dans un autre texte). Quand on parle de « dresser » un cheval, on parle de travailler sur les deux composantes. Or il est totalement possible de séparer les deux.
D’un coté de consacrer des séances plutôt axées vers le développement d’aptitudes mentales (le calme en tous contextes par exemple, la tolérance à l’isolement et la séparation des congénères, le courage devant en extérieur, la perméabilité aux aides….).
Et de l’autre coté consacrer des séances plutôt axées vers le développement d’aptitudes physiques, des séances ou l’on va travailler la mécanique comme le ferait un danseur ou un athlète (assouplissements, symétrisation…)

Chez le poulain, une caractéristique sidérante à laquelle je ne m’attendais pas avant de faire naître et le constater, est l’aptitude à la réflexion identique à l’adulte.
Je parlerai plus tard aussi de ce système d’intelligence « associative » bien particulier du cheval, et très différent du nôtre, mais il a été pour moi sidérant de constater que dès les premières 24h de vie, le poulain a l’exact même capacité d’analyse et de mémorisation que l’adulte.
Cela a été pour moi une découverte : en effet je m’attendais à ce que le développement intellectuel d’un poulain soit similaire aux autres mammifères dont on a l’habitude.
Chez l’humain, il se passe des mois et des années d’apprentissage pour que l’enfant adopte le même système de réflexion que l’adulte. Chez le chat, le chien, on voit bien que les stades très juvéniles ne sont pas propices à une quelconque forme d’éducation : moitié aveugle, motricité très limitée, activité se limitant à des occupations primaires à 100% du temps (manger, dormir, déféquer). On a donc bien affaire à des « bébés » animaux.
Chez le cheval il n’en est rien. Dès son premiers jour de vie, à l’observation, il est stupéfiant de constater que le poulain a l’exact même comportement que les adultes, avec une grande partie du temps à manger/dormir (en proportions inverses aux adultes : dort plus et mange moins longtemps grâce aux tétées), et le reste, exactement comme un adulte, en interactions sociales et en jeu, en déambulation et donc en découverte, en fuite avec le troupeau lors d’un stress, en observation des évènements qui l’entourent.
Pour un cavalier, dresseur, éducateur, propriétaire, il est bien important de réaliser qu’à aucun moment il n’a affaire à un bébé animal, mais bien, dès le premier jour et les premières heures de vie, à un cheval, dans toute sa capacité de réflexion et d’apprentissage.


Par contre, sur le plan physique, il est évident que le poulain n’a pas les mêmes capacités que le cheval adulte : moins de puissance, moins de résistance, tendons plus laxes, cartilages non solidifiés, etc...
Les seules « précautions à prendre » et erreurs grossières à éviter sur le dressage du poulain sont donc sur le plan de la gestion de la mécanique. On peut retenir que le cheval, structurellement, n’est fait ni pour porter, ni pour faire des courbes. C’est un animal qui a été modelé par la sélection naturelle pour parcourir de longues distances à des allures lentes mais tenues longtemps (les allures vives sont utiles à la fuite mais pas au déplacement), et en ligne droite.
Tout ce qui sort de ce cadre « naturel » est une aptitude physique construite par l’homme et pour laquelle on doit considérer le cheval comme un athlète (et donc que le jeune cheval ne peut faire sans dommages si mal préparé ou effectué trop tôt) :
- porter un cavalier = pas avant 3 voire 4 ans : les pur sang et les quarters horses, débourrés à 18 mois, sont généralement des chevaux qui vieillissent tôt et mal avec une usure précoce – on peut ici rappeler que la fin de la maturation du squelette se produit à 7 ans, et ce quelle que soit la race.
- Travailler sur des cercles = pas avant 3 à 4 ans ; méfiance sur la longe à ce sujet : avant, le cheval peut apprendre à tourner en longe (dès 2 ans), mais pas y fournir un vrai travail soutenu sous peine d’une fatigue précoce des jarrets. On peut longer mais se contenter de pas, un peu de trot, obtenir de beaux cercles dans le calme et des transitions à la voix ; en évitant le galop dont le trop jeune cheval ne sera souvent même pas capable. Leur structure basique est faite pour la ligne droite. Le cercle nécessite un vrai apprentissage progressif, et une certaine maturité de la structure (tendons, squelette).
- Les allures vives tenues longtemps (utilisation sportive) = peut apparaître entre 5 et 7 ans et est directement conditionné par le travail ; le cheval n’aura la pleine disposition de ses moyens physiques à 7 ans, et en fonction de son degré d’entraînement. Un cheval non entraîné ne pourra tenir des allures vives longtemps spontanément sans problèmes (coup de sang, anomalies de transit les jours suivants du cheval qui a « tiré sur la machine », etc etc).

Par contre, il est totalement possible, dès les premières semaines de vie, d’emmener le poulain libre derrière la mère, puis attaché en longe dès son indépendance (deux trois mois), sur les routes et chemins, au pas et au trot, pour des promenades qui forgeront son mental sans impacter aucunement sur son physique. Il faut, pour cela, une mère (ou plus tard après le sevrage n’importe quel autre cheval) parfaitement éduquée à l’extérieur.


Donc en résumé, à la question « que puis-je demander à un poulain ? », on peut retenir :
- sur le plan mental, on peut tout exiger et tout construire dès le premier jour de vie ;
- sur le plan physique, on se méfiera du portage, des courbes et des allures vives qui nécessitent un degré de maturation physique qui n’est abouti qu’à l’âge de 7 ans.
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Kaïs
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MessageSujet: Re: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Lun 9 Sep 2013 - 9:34

Anecdote 1 : le palettage de Vogliadicane
Voglia né l’avant veille, je rentre dans le box de poulinage et m’accroupis contre un mur pour ne pas importuner mère et fils et les observer, contempler la merveille. Le poulain, âgé de 48h, pas farouche, avise ma présence, vient rapidement au contact me faire des civilités, nez vers mon visage. Je ne fais rien que l’identique : je le renifle souffle contre souffle, sans le toucher.
Son examen terminé, il passe à autre chose, fait le tour de la mère bricoler la paille, se dit que les murs du box sont bien mornes et maman bien rassurante, s’enhardit et revient me voir avec moins de retenue. Posté à ma tête, moi adossée accroupie au pied du mur immobile, il bricole mes cheveux. Je ne fais rien.
Brutalement le calme se romp par un antérieur qui se lève brutalement à coté de moi. Hasard ou intentionel ? (je pense à un palettage « invite au jeu »). Je me mets sur mes gardes, prête à dégainer une gifle étant donné que je considère que tout geste rapide dirigé vers l’humain est à proscrire, pour des raisons de sécurité (je ne suis pas un dresseur très marrant, cf. ma « rigueur militaire » et « l’obnubilation de l’accident »). Jamais je n’aurais pensé avoir à faire ce type d’éducation sur un poulain de 48h de vie, mais je me mets en alerte par réflexe, exactement comme je l’aurais fait en détectant un comportement « limite » chez un adulte.
Quelques secondes à peine, l’antérieur fuse plus fort, nettement dirigé sur moi, la gifle part instantanément, visant la tête. Plus rapide que moi, le poulain pivote et esquive avec brio, ma main effleurant juste son nez. Je comprends alors que c’est PRECISEMENT ce qu’il attendait de moi : une réaction de jeu de « paletter en retour », et il l’attendait tellement qu’il a été bien plus rapide. Bien plus rapide, que moi, humain, et qui avait armé la gifle incrédule sans y croire vraiment, d’avoir à la lancer dans un tel contexte.

Mon problème est donc que je viens de lui APPRENDRE
1- qu’on peut paletter l’humain
2- que le résultat est à la hauteur de ses attentes : follement divertissant.
Je me remets accroupie contre le mur à l’identique, cogitant rapidement : la fois suivante, si je le loupe et ne le marque pas « au fer rouge », c’est le début des ennuis et la porte ouverte à bien des emmerdements, si il fait ça à 48h, qu’est ce que cela donne à 4 ans et 500kgs… ?
J’attends. Le poulain revient immédiatement au contact, visiblement ravi de l’interaction et de la tournure qu’elle a prise. Je reste inerte ; et, dans la seconde, l’antérieur fuse sur moi.
Là par contre j’étais prête à le « manger tout cru » : je me déplie comme un tigre le plus vite possible, levée de toute ma hauteur me jetant sur lui qui est déjà en train d’esquiver la baffe lancée qui le loupe à nouveau, il est déjà presque trop loin, je ne PEUX PAS le louper une seconde fois et renforcer dans le mauvais sens, ma jambe est plus longue que mon bras, le coup de pied part et l’atteint en pleine croupe. Ma vitesse d’action plus que l’impact lui mettent une trouille telle qu’il est part d’un bond s’encastrer dans le mur d’en face, de l’autre coté de sa mère.
Je retourne à ma place très calmement, ayant eu ce que je voulais (une déroute totale, un désarroi et une fuite – mais pas sans mal j’ai failli me louper à nouveau), m’accroupis contre le mur à l’identique et attends.
Deux personnes présentes à la porte du box pour admirer la merveille me regardent avec stupéfaction, scandalisées.
Le poulain me regarde de loin, par en dessous le ventre de sa mère, avec une expression de « elle avait l’air sympathique mais finalement pas du tout ».
Un long moment passe, je finis par me lever, vais caresser la mère (qui bien qu’excellente mère n’a absolument pas réagi à l’agression de son fils par son propre dresseur à elle), en essayant mine de rien d’être près du poulain, qui me fuit soigneusement.
Je pars, chiffonnée d’avoir détruit une si belle confiance spontanée en l’humain, et sous les regards accusateurs et outrés des personnes présentes. Elles ne disent rien : le cheval m’appartient, il n’y a rien à dire, et ils ont pu voir ma « sévérité » à l’œuvre sur mes chevaux (le fait est, à ma décharge, que dans toute l’écurie ils sont reconnus pour leur praticité et leur douceur au quotidien). Donc on ne me dit rien. Il n’y a rien à dire. Je suis aussi mortifiée qu’eux, même si je l’ai fait sans hésiter et suis allée jusqu’au bout.

Je mettrai ensuite deux à trois jours à pouvoir rapprocher le poulain en toute sérénité.
Quatre ans plus tard, quand je vois l’armoire à glace dominant alpha qu’il est devenu, envahissant, d’une « présence » atypique de glu, et sa réactivité à mon égard quand je lui demande de se pousser, réactivité qu’il n’a PAS à l’égard des autres chevaux ou seulement certains bien précis, il est resté pour moi gravé de cette expérience :
- l’aptitude du poulain, à 48h de vie, à assimiler un « celle-ci est dangereuse » (son comportement de retrait les jours suivants), puis à le tempérer par un « elle est sympathique mais faut pas l’embêter » en à peine 3 jours. Aptitude exactement identique à un adulte. Et éducation d’autant plus facile à faire que le poulain est petit et léger, facilement marquable par un humain qui se jette sur lui de toute sa hauteur comme un tigre.
- Sa grande mémorisation puisqu’il est aujourd’hui évident pour moi que ce magistral « coup de pied au cul à 48h de vie », totalement scandaleux pour les témoins, et même pour moi à l’époque, facilite grandement aujourd’hui mes relations avec le cheval quasi adulte, quatre ans plus tard, qui me voue une déférence presque plus grande que celle qu’il manifeste à l’égard du vrai dominant de troupeau, tout en étant d’une magnifique confiance (je parlerai longuement plus tard de la notion de « dominant » chez le cheval).

Cette anecdote m’a apprise que l’ont PEUT (je dirais, dans mon extrémisme, on DOIT) avoir, à l’égard du poulain quel que soit son âge, sur le plan de l’éducation, avoir strictement les mêmes exigences qu’un cheval adulte. Et que l’apprentissage sera d’autant plus facile et efficace qu’il est fait jeune.
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Kaïs
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MessageSujet: Re: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Lun 9 Sep 2013 - 9:36


Annecdote 2 : Vai Duma Lua et l'humain électrique

Un bel exemple « d’intelligence associative », typique du mode d’apprentissage du cheval, sur un poulain très jeune là aussi (deux mois).

Les poulains de l’année ont deux mois et je ne me souviens plus exactement pourquoi je mettais en place un doublage électrique sur une partie du pré : peut être pour isoler la récolte de foin, les roundballs pas encore évacués stockés en haut de parcelle, de la dent des chevaux.
Je mets donc en place une nouvelle clôture, électrique, finis mes branchements, puis met en route le générateur. Mon travail fini, je vais dans le troupeau (3 adultes et les deux poulains), faire des civilités.
Vai Duma Lua, très confiante et familière, est juste à coté de moi, à moins d’un mètre, je viens de la caresser à l’instant et suis en train de caresser la mère. Je la vois tendre le nez vers le fil : « oh tiens ? ». Jus qui claque, poulain qui détale.
Je me dis, bon, en voilà une qui vient de découvrir ce que c’est sous mes yeux. Je prends congé des chevaux, sans penser une seconde à ce que je découvrirai le lendemain sur le comportement de la pouliche………..
Le lendemain : inapprochable. Je ne comprends pas et pense à une lubie.
Le surlendemain : inapprochable. De toute évidence elle a très peur de moi.
Je finis par comprendre : quand elle a pris le jus, elle était a coté de moi.
Comme le cheval fonctionne par associations, elle n’a pas enregistré « toucher le fil = choc électrique », mais s’est « trompée » d’association en mémorisant « présence de cet humain = choc électrique ».
J’ai donc mis plusieurs jours, graduellement, à m’appliquer à défaire l’association fortuite créée par le hasard (qu’elle touche le fil pile à coté de moi), en mettant en place un protocole rien que pour elle (l’approcher sans la toucher, puis l’approcher la toucher sans insister mais en restant sur du positif ; et enfin l’approcher la toucher mettre le licol, la sortir et donner une petite ration pour recréer l’association humain=agréable et positif, pas de crainte et des choses intéressantes).

A cette occasion et pour la seconde fois, après l’épisode Voglia, j’ai pu constater sur un tout jeune poulain l’exacte capacité d’apprentissage intellectuel du cheval adulte.

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MessageSujet: Re: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Lun 9 Sep 2013 - 16:51

je te lis avec grand intéret  meme si pas je n'ai pas grand chose à répondre par manque d'expérience sur la question !
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Kaïs
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MessageSujet: Re: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Jeu 12 Sep 2013 - 11:50

Je vous poste un complément en réaction à des observations sur d'autres forums:



kaval29 a écrit:

juste par experience j'ai remarquer que les poulains les moin manipuler avant trois ans etaient beaucoup plus "simple" a debourrer et acceptaient plus volontier de travailler,alors que les poulains rester aux ecuries qui ont reçut plus de contacts avec l'homme pour les soins ou autres etaient les plus difficiles a gerer au debourrage et surtout beaucoup moin respectueux envers l'homme,pour les entiers je parle de mordre,tirer en main ect...

voila pour ce qui est de mon experience sur l'education des(jeunes) poulains.

si tu as des questions kais je peux developper un peu plus a ce sujet...
Scandale a écrit:
A moins que le problème se prenne en sens inverse c'est à dire que les poulains manipulés depuis petits que j'ai rencontré avaient été mal éduqués, je sais pas mais quoi qu'il en soit je prefère un 2/3 ans pas touché qu'un poulain bricolé par des mains gateuses.
Guylène44 a écrit:
Il est possible aussi que pour un poulain manipulé, l'humain n'a plus de secret non plus, donc un poulain trop confiant risque d'être un ados culotté.
Scandale a écrit:
je pense que tout dépend de la justesse de celui qui manipule.
Je n'ai pas vraiment de questions Sabrina. Cela ne m'étonne pas.

Beeeeaucoup plus facile de "soumettre au travail" un cheval qui n'a pas été manipulé et donc a priori a peur de l'homme
Qu'un jeune qui :
- a été mal manipulé (ca c'est une catastrophe)
- ou qui a été manipulé correctement mais n'a pas été passé entre plusieurs mains n'a pas "transposé" le respect à tous les humains et a toute les clefs de comment fonctionnent les humains de par son vécu depuis tout jeune
- est suffisemment intelligent pour s'approprier les faiblesses des humains (pas assez rapides, pas assez puissants) et les utiliser à son profit pour résoudre ses problèmes.

Pour les anecdotes à ce sujet:

Pour la transposition aux autres personnes que le dresseur.....

"La grimace de Lua"

Un jour un ami passe aux prairies et, devisant, nous entrons dans les prés pour regarder les poulains (Lua devait avoir entre un et deux ans). Après l'avoir regardée, le copain P me parlait, tourné vers moi, la pouliche sur son coté/dos, qu'il caressait sur l'encolure sans plus la regarder. J'avise, tout en l'écoutant, Lua trousser la tête dans sa direction dans une grimace de menace, oreilles très ponctuellement en arrière, dans le geste qu'elle aurait pu faire pour dire à un congénère de se tenir loin d'elle. P, lui tournant le dos, ne la voyait pas faire. Je l'interromp et d'un signe de tete la désignant lui dis "regarde discrètement ce qu'elle est en train de faire".... Il comprend au quart de tour (c'ets un très bon éducateur de chevaux lui même, tous ses chevaux sont nickels en manutention), alors qu'il s'était arrêté de caresser, recommence, en gardant un oeil en coin. Le signe de tête sans équivoque de la pouliche, rictus du nez mouvement léger de la tête oreilles couchées, qui dure une fraction de seconde, est sans équivoque. Il arrête de la caresser et s'éloigne d'un pas. Je lui dis à voix basse très calmement: "non non, au contraire...." comprenant au quart de tour, il reprend sa place, faussement tourné vers moi avec la pouliche dans le dos, la caressant "distraitement" comme il faisait... "et sois prêt à dégainer la tarte, tu as toute ma bénédiction...." lui dis je à voix basse...
Ca n'a pas loupé, bouche grande ouverte vive comme l'éclair, coup de dents qui part, qui n'a pas eu le temps d'atteindre son but, nez atterri sur une main incisive et décidée de P qui, attentif et sur ses gardes, a été plus rapide. Et dans la foulée j'ai agrémenté d'un coup de pied au cul magistral.
Si elle n'est pas satisfaite de l'interaction alors qu'elle est libre dans le pré, qu'elle s'en aille simplement, mais formelle interdiction de toute forme de menace sur tout humain quel qu'il soit.

Je n'ai à ce jour jamais eu à recommencer. Ni les visiteurs étrangers.
A tous mes prestataires de services, si ils sont amenés à manipuler les chevaux, je les "briefe" à avoir les mêmes exigences et comportements que moi. Au fil du temps les jeunes sont manipulables sans problème par quiconque, mais j'ai bien pu constater que il y a eu une période "ok la patronne est fiable et intouchable, mais les autres là??"
Réponse. Les autres doivent être considérés pareil par défaut. Et pour se faire il faut embaucher des potes performants sur le plan éducationnel. Le passage d'une chiffe dans le pré et la leçon inverse sera retenue "ok la patronne est fiable et intouchable, mais les autres sont des gros nuls à qui on peut manger la laine sur le dos...."

Donc quand on arrive à avoir un résultat positif avec soi, une étape ultérieure après s'etre assuré que le comportement est bien consolidé, est de le mettre à l'épreuve en le faisant faire par autrui, mais attention, au moins les premières fois il faut choisir un autrui aussi fiable que soi sous peine de la leçon exactement inverse à celle souhaitée........


Pour le cheval intelligent qui utilise sa connaissance de l'humain..............


Lua et l'entrave....

Lua, à un moment, me "terrifiait" dans le sens ou, passant à coté d'elle à l'attache dans les soins, j'ai pu plusieurs fois constater qu'elle "maîtrisait" tellement bien ma manière d'être qu'elle calculait visiblement 10 secondes à l'avance mes trajectoires et tous mes mouvements. Mes deux jeunes me "lisent" comme un livre ouvert à chacun de mes mouvements. Terrifiant car au quotidien très agréable mais en cas de conflit on a interêt à etre très très performant pour que cette lecture et cette anticipation, cette "connaissance de l'humain" ne joue pas en notre défaveur.
Un jour, sortant Vic et Lua du pré les deux longes dans une main la porte électrique dans l'autre, Vic en bonne dominante alpha pivote sans s'occupper de la pouliche de 2 ans, qu'elle boucule sur le bord du passage busé de la parcelle: lua prend appui dans le vide a travers les herbes au bord du fossé, son pied glisse à la verticale dans le fossé et la face interne de son jarret se "scalpe" sur le rebord de béton de la buse....
Me voilà donc avec une pouliche jarret sanguinolent et lambeaux de peau qui pendouillent.... C'est superficiel mais craignos car sur l'articulation, faut pas que cela s'infecte. Je met la pouliche sur la zone de manutention, passe un coup de jet doux (la pouliche bouge un peu car jamais douchée), puis nettoie au savon de marseille et rince. Sans trop de problèmes. Ca bouge un peu mais je parviens à nettoyer.
Lendemain. La pouliche, n'ayant pas mal du tout, avait clairement décidé que la douche ne la toucherai pas.
Attachée court, un cabri d'une vitesse sidérante, bien supérieure à la mienne. J'ai vu arriver le moment ou:
- dans le meilleur des cas je ne parviendrai pas à soigner
- dans le pire des cas, ces mouvements de pieds/jambe d'une grande vélocité allaient se transformer en coup de latte dans le vide, mais tellement rapide que je ne pourrai me soustraire dans l'espace, que j'allais me prendre un coup et .... apprendre à la pouliche à taper.............
Fuminante et assortissant mes tentatives de jurons de plus en plus sonores, là pour le coup mon légendaire calme aux soins en prenait un coup et je pestais vertement, et en suis arrivée à la conclusion qu'il FALLAIT que je parvienne à mes fins et en sécurité, donc ralentir la vitesse de la pouliche bien supérieure à la mienne, même attachée.....
Lorsque la copine Pascale est revenue de la carrière ou elle travaillait en entendant venir des batiments des imprécations de plus en plus sonores, elle m'a trouvée une longe de 9 m à la main, en train d'entourtouiller la pouliche comme une paupiette pour tenter de l'entraver et la mettre sur trois pieds.... Un peu interloquée mais comprenant ce que je faisais, elle me propose son entrave américaine (entrave en huit qui trousse un antérieur sous le cheval). Adjugé. je défais ma paupiette (impeccablement calme puisque je n'étais plus sur une problématique de jet d'eau pour doucher un membre blessé), pose l'entrave. Une grande première pour moi, pour Pascale, et pour la pouliche évidemment (je savais comment la poser mais n'avais jamais fait).
Pouliche sur trois pieds impeccablement calme. Je la laisse attachée sur trois pieds 5 minutes voir si elle essaye de se débattre à l'entrave. Pas du tout. Allons y pour le soin et la douche. Ca a brassé un peu, mais, nettement ralentie et pouvant difficilement mobiliser les 3 membres libres comme elle voulait, j'ai pu doucher le membre, d'abord en y allant gentiment, en laissant se débattre et en gardant un temps de calme sans la solliciter ou elle puisse "réflechir" à son impuissance (je crois meme que quand elle restait immobile on lui collait un bonbec dans le cornet pour lui désigner que "oui c'est ça qui est bien"), et ensuite franco sur une pouliche totalement immobile et résignée au soin (soin qui n'occasionne aucune douleur je précise, je fais exprès d'utiliser des choses qui ne piquent pas, etc...).
Quelques bonbecs soin fait à l'attache sur trois pieds, on laisse passer une ou deux minutes pour dissocier entrave/soins, nouvelles félicitations de mon cheval à 3 pieds, et dépose de l'entrave sur un cheval impeccablement calme. A aucun moment elle n'a été en panique (du à sa grande expérience de l'humain et des "trucs bizarres nouveaux"), et le seul signal de stress qu'elle a manifesté a été de se mettre à bailler plusieurs fois, chose que j'avais vue faire par un cheval sollicité par andy booth en stage, qui lui avait mis pas mal de pression sur des demandes rapprochées, puis lors du temps de repos/calme après sollicitation avait baillé avec insistance. j'avais interprété ça comme un signe de relachement après stress, et cette interprétation a le jour de l'entrave sur lua, confortée dans ce sens.
De ce jour, je n'ai jamais plus eu de problème de cheval "trop rapide dans ses réactions" aux soins concernant lua. Mais j'ai posé clairement la limite du "non" on ne bouge pas à cette vitesse en présence d'un humain, que se serait il passé si un cavalier proprio n'aurait pas eu le "courage" ou "l'audace" d'handicaper son cheval pour parvenir à ses fins? Elle aurait appris à déborder l'humain de cette manière.

Le problème ne s'est pour l'instant jamais posé avec Voglia, beaucoup plus lent dans ses réactions "meme quand ça brasse".
Mais la morale de l'histoire c'est que oui un cheval très manipulé, et même bien manipulé, si il est intelligent connait "beaucoup trop bien" les humains, et potentiellement cela peut se retourner contre nous.
Une solution est effectivement de les garder bien niaiseux de A à Z et ne pas leur donner les clefs de notre univers et qu'ils le SUBISSENT toute leur vie. Ce n'ets pas péjoratif, cela peut AUSSI etre une manière de faire, j'insiste.
Une autre solution est de comprendre que, qu'on leur donne les clefs de notre fonctionnement ou pas, en tant que dresseur/éducateur, nous avons une OBLIGATION DE RESULTAT, et qu'on ne doit se refuser aucun moyen, même un peu bizarre ou scabreux ou politiquement incorrect pour parvenir à une issue positive qui marque et renforce le cheval au sujet du BON COMPORTEMENT, dévalorisant le comportement non souhaité.
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MessageSujet: Re: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Jeu 12 Sep 2013 - 14:00

Kaïs a écrit:
mais formelle interdiction de toute forme de menace sur tout humain quel qu'il soit.
Pourtant, dans ce cas que tu décris, il y a eu une menace (grimace, oreilles baissées, etc...) suivi d'une agression (dents en avant), mais tu ne lui a pas interdit la menace, c'est uniquement l'agression que tu n'as pas acceptée...
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Kaïs
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MessageSujet: Re: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Jeu 12 Sep 2013 - 14:05

Oui je m'exprime mal, mais effectivement j'attend la vraie tentative de faute.
Mais bon c'ets subtil, si j'attendais vraiment la faute, je la laisserais mordre, ce qui n'ets pas le cas.

J'entends par menace "tout comportement pouvant porter atteinte à l'humain". Coucher les oreilles n'en est pas un en soi, mais me fait allumer tous les warnings de vigilance.
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Norie
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MessageSujet: Re: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Jeu 12 Sep 2013 - 23:01

Moi j'ai peut-être tord, mais j'ai tendance à réagir dès la menace... Un cheval qui me regarde méchamment avec les oreilles en arrière, ou encore qui entame un demi-tour dans l'intention de m'intimider avec ses postérieurs, je gronde tout de suite, sans attendre que les dents ou les pieds ne s'approchent un peu trop vite de moi... En gros, je préfère anticiper pour lui dire "n'essaye même pas", plutôt que de lui dire après coup "ne recommence pas"

Après, c'est vrai que j'ai quand même des chevaux assez faciles, et peut-être que ma façon de faire ne marcherait pas avec des chevaux un peu plus caractériels ! Laughing 
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Kaïs
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MessageSujet: Re: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Jeu 12 Sep 2013 - 23:41

peu importe la méthode en fait: l'essentiel est le résultat, que le message passe que ce type de gestes est interdit.
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Kapouine
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MessageSujet: Re: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Ven 13 Sep 2013 - 23:13

Kaïs a écrit:

Chez l’humain, il se passe des mois et des années d’apprentissage pour que l’enfant adopte le même système de réflexion que l’adulte. Chez le chat, le chien, on voit bien que les stades très juvéniles ne sont pas propices à une quelconque forme d’éducation : moitié aveugle, motricité très limitée, activité se limitant à des occupations primaires à 100% du temps (manger, dormir, déféquer). On a donc bien affaire à des « bébés » animaux.
Chez le cheval il n’en est rien. Dès son premiers jour de vie, à l’observation, il est stupéfiant de constater que le poulain a l’exact même comportement que les adultes, avec une grande partie du temps à manger/dormir (en proportions inverses aux adultes : dort plus et mange moins longtemps grâce aux tétées), et le reste, exactement comme un adulte, en interactions sociales et en jeu, en déambulation et donc en découverte, en fuite avec le troupeau lors d’un stress, en observation des évènements qui l’entourent.
.
il faut pas oublier que le poulain dispose de 11 mois de développement fœtal, ce qui à mon avis y est pour beaucoup dans la maturité de son cerveau,
car en comparaison chez les vaches (même gabarit même régime alimentaire ) le veau au bout de 9 mois de gestation est loin d'être aussi dégourdi en terme d'apprentissage, perso je vois les veaux commencer à "réfléchir" / "apprendre" vers 1mois et demi /2 mois ...
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Kaïs
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MessageSujet: Re: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Ven 13 Sep 2013 - 23:18

Interessant +++
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MessageSujet: Re: Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??   Aujourd'hui à 19:16

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Eduquer le cheval......: éduquer le cavalier??
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